AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 poetry and prose and martha.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar

Messages : 54
Date d'inscription : 25/04/2018
Pseudo : marikoko
Multicomptes : daphne h.
Crédits : outlines (avatar)
Âge : 25 ans.
Adresse : chez les parents, white road farm, maypole.
Occupation : enseignante à l'école primaire, tout juste diplômée.
Réputation : la petite dernière des Ogdell, celle qui est partie, celle qui revient.


MessageSujet: poetry and prose and martha.   Mer 25 Avr - 12:28


imogenpootsdaily

MARTHA OGDELL


Et si nous avons pleuré ensemble ce jour de septembre où nous nous sommes quittés c’est qu’on savait que l’infinie tendresse, la mémoire et le téléphone mobile sont peu de choses contre la distance — que tout allait changer. Il est parti. C’est qu’il se lève à l’aube.
Faut bien s’arracher. D’abord il y a l’âge libre avant la vie domestique qu’on attend tous comme une sentence absurde et nécessaire. Et puis ces chimères à fuir, qu’on croit laisser aux portes des avions long-courriers. Enfin, la peur de s’engraisser ici, que le confort nous abêtisse.


AGE › vingt-cinq ans, petite dernière de la grande famille Ogdell, elle est celle que l'on n'attendait plus. Sur ces vingt-cinq années, vingt ont été vécues sur l'île, avant qu'elle prenne le large, elle que l'on a tant espérée a pris son envol, laissant les parents bien seuls. DATE ET LIEU DE NAISSANCE › elle est née un trente novembre, coeur de l'automne, dans le petit hôpital de St Mary's. NATIONALITÉ › réponse ici. ÉTAT CIVIL › célibataire, amours étudiantes laissées sur le continent pour le retour au pays. OCCUPATION › enseignante, fraîchement diplômée, elle s'occupe de l'éducation des enfants de l'île entre six et huit ans. Elle-même ne réalise pas bien encore qu'elle a enfin accédé à ce poste qu'elle a tant fantasmé, que ce rêve de gamine est devenu réalité. GROUPE › home is where it hurts (autochtone).

⚓ sur le rivage.

Depuis quand vivez-vous sur St Mary's ? Née sur l'île il y a vingt-cinq ans, c'est comme un destin inévitable, l'incontournable retour de la fille prodigue, partie il y a cinq ans déjà pour une vie d'adulte, premiers pas dans la grande ville. Les retrouvailles avec la terre tant aimée, souvenir nostalgique emmené avec elle sur le continent, datent de seulement deux semaines. Un retour comme une déchirure, cette échéance qu'elle avait oubliée, mais cendrillon minuit a sonné, il est l'heure de rentrer au pays, fini les danses dans les clubs et les soirées arrosées, finie la vie d'étudiante, maintenant tu es madame la maîtresse.
Pourquoi vivez-vous sur l'île ? Quand on grandit à St Mary's, on apprend à chérir ce morceau de terre minuscule, à l'aimer plus que tout, on traverse la vie avec l'idée qu'on la lui doit. Alors naturellement, depuis toute gamine, Martha rêve de devenir institutrice sur son île bien-aimée, à l'image de Madame Mulberry, son enseignante de toujours, très vite devenue son modèle. Après des études à la capitale, il était donc dans l'ordre des choses qu'elle revienne à la maison, partager son savoir avec les nouvelles générations.
Appréciez-vous votre quotidien ici ? St Mary's, on l'aime tous à notre manière, et Martha
, elle, n'a pas encore trouvé la sienne. Théâtre de tous les drames et de toutes les joies de son enfance, son affection est grande pour le moindre grain de sable, le moindre brin d'herbe, qui toujours éveillent en elle une nostalgie infinie, une chanson douce qui joue dans son cœur en continu. Mais l'île est triste et fade, et elle s'ennuie, la petite Martha, qui après cinq années de liberté retrouve les routes dont elle connaît le moindre virage, les visages bonhommes et enjoués qui adressent des sourires, et souvent la foule, l'anonymat, le bruit des voitures, parfois même l'odeur âcre du métro, celle dont elle s'est plainte des milliers de fois, lui manquent.
Quelle est votre place parmi les habitants ? Sa place, elle n'a jamais vraiment changé : petite dernière d'une famille nombreuse, petite Ogdell vive et joyeuse, toujours à aller patauger dans la boue avec son grand frère Arthur, manger les mûres dans les haies des voisins et revenir les joues toutes tâchées, tout en prétendant n'avoir rien fait. Martha, on l'a toujours regardée comme une enfant, attendri de ses moindres frasques, prêt à tout lui pardonner, petite dernière inespérée. Aujourd'hui, elle est aussi la nouvelle enseignante, tout juste diplômée, à se demander si elle est en vraiment capable, la gamine Ogdell, dont on connaît plus les bêtises d'enfant que les capacités professionnelles.
Quels lieux aimez-vous fréquenter ? Comme tout enfant de l'île, elle en connaît les moindres recoins, pour les avoir arpentés des milliers de fois en plus de vingt années de vie. Le phare est peut-être celui qu'elle affectionne le plus, lorsqu'elle grimpe tout en haut et observe le large, les vagues qui se forment dans le lointain, si loin qu'elle peut en oublier la terre sous ses pieds.


⚓ au bout de la jetée.



Le départ, c'est les aurevoir d'abord, pas les adieux non, car d'adieux il n'y a pas lorsque l'on vient de cette île, si on la quitte ce n'est jamais que le temps d'un ailleurs, mais elle nous rattrape, et toujours on y revient. Pourtant là, sur l'embarcadère, ils sont tous venus la saluer, et alors Martha se sent comme ces marins qui prennent le large, quittant femme et enfants, sacrifiant une vie facile et toute tracée pour de plus grandes aventures. Ce n'est pas si loin, pourtant, mais c'est l'appel de la ville, plus grande, la capitale, Londres la magnifique, qui se fait irrésistible, comme le chant des sirènes avaient retenu Ulysse captif. Alors qu'elle embarque, son cœur se serre, alors que les voit encore à quai, agitant des bras, sourires aux lèvres pour les plus confiants, les larmes de la mère qu'elle entend encore, son bébé qui s'en va, le père qui lui passe le bras autour de l'épaule, ça va aller elle reviendra, le regard triste d'Arthur quand il voit sa complice de toujours s'en aller. Il y a aussi Mitchell, son ex-petit ami, qui tourne la tête et fait demi-tour, il ne veut pas affronter le drame qui se déroule sous ses yeux. La rupture avait été décidée communément avant son départ : c'était une de ces séparations que ni l'un ni l'autre ne veut vraiment, mais on se dit que la vie nous éloigne, c'est plus raisonnable. Au fond, ils savaient tous les deux que c'est parce qu'elle partait, et si elle était restée, ils se seraient peut-être mariés, auraient eu des enfants, des petits-enfants, vieilli ensemble au coin du feu.
Elle les regarde tous, la petite, détaille chaque visage, chaque réaction, et se dit qu'on fait bien de la peine à ceux qu'on aime. Alors c'est le cœur de Martha qui se serre, et sur ses joues, des gouttes qui roulent, roulent, roulent, qui perlent au coin des yeux et dégringolent. Elle n'a que vingt ans la petite, vingt ans et une décision : suivre des études supérieures et revenir, partager le savoir nouvellement acquis avec ceux qui ne partent pas.
Elle se veut messagère, relais, elle s'imagine déjà en enseignante admirée, celle qui a voyagé. Mais aujourd'hui, alors que la sirène du bateau retentit, dernier signal d'alerte du départ imminent, les utopies ont disparu, noyées dans les larmes d'un chagrin de jeunesse, celles d'une difficile rupture avec son premier amour, l'inévitable arrachement à la terre qui l'a vue naître.




Trois ans déjà que Martha a été happée par la vie londonienne. D'abord, elle rentrait au pays à chaque vacances, passant parfois plus de temps dans les transports que sur place, pour être auprès des siens. Et puis les séjours se sont espacés, Martha n'est plus une petite fille. Les études sont prenantes, elle travaille assidûment pour être une bonne élève et obtenir des résultats probants ; et puis il y a tout le reste. Londres, ses immeubles en verre qui se parent des couleurs du ciel, ses grandes allées et ses ruelles sombres, sa vie nocturne aussi. Martha découvre les clubs où elle passe ses week-ends, à la découverte de la vie étudiante. Là, elle a l'impression d'apprendre la vie, d'appréhender un monde de tous les possibles. Sur l'île, elle a appris à connaître la nature, les plantes, les marées, les saisons, les animaux. A Londres, c'est toute une autre faune qu'elle découvre. Martha s'intéresse à tout. Elle traîne aussi bien dans les soirées electro que les concerts underground, goûte à tous les alcools qu'on lui propose, apprend à fumer des cigarettes et pas seulement, découvre l'amour du corps, les garçons, elle en rencontre plusieurs mais aucun n'est assez bien, alors elle les jette. Elle a soif, soif de découverte et plus rien ne semble l'arrêter. La fougue de la jeunesse bat en elle, elle se sent invincible. A ceux qui sont restés sur St Mary's, elle ne parle pas de ses soirées, elle les cache jalousement, c'est son petit secret de fille de la ville, ils ne comprendraient pas. Elle ne veut pas qu'il sachent, elle leur parle de Londres sale, Londres mal, mais ce qu'elle ne dit pas c'est qu'elle aime ça, cette ville qui grouille et qui fait du bruit.
Martha s'abîme, Martha s'épuise, tourbillon de vie assoiffée de nouveauté. Ici, elle n'est plus Martha la petite sœur, dernière née du clan Ogdell, non, ici elle est seule, libre de s'inventer et de vivre.




Même décor, cinq ans plus tard. Le temps passe et l'embarcadère du ferry reliant le continent à l'île semble n'avoir pas changé, chargé de ceux qui viennent accueillir les revenants. Ce moment, Martha l'imagine depuis toujours, elle l'a dessiné dans son esprit des milliards de fois : retour triomphant dans sa terre natale, l'instruction en main, diplôme encadré dans la valise, une vie d'adulte qu'elle voulait pour elle-même et qu'elle s'est forgée à coup d'exil. Et elle a eu ce qu'elle voulait : institutrice d'état à l'âge de vingt-cinq ans, prête à prendre son post sur Saint Mary's, l'île qui l'a vue naître. Alors pourquoi ce goût amer dans la bouche, pourquoi dans son ventre ce nœud, là où il aurait dû y avoir une explosion de joie ? Martha est sur le pont, adressant des signes à ceux qui, en contrebas, l'attendent. Elle détaille les visages, identiques à ceux qu'elle a quitté il y a des années : quelques rides sont apparues, l'âge qui dépose son empreinte au coin des yeux, mais au fond, rien n'a changé, ou si peu. Elle se dit qu'elle, elle est sûrement bien différente, passée d'une enfant de l'île en début de vingtaine à une (désormais ex-)citadine chargée de mille expériences qu'ils ne peuvent comprendre, une jeune adulte pas tout à fait prête à devenir l'institutrice exemplaire que l'on attend qu'elle soit devenue.
Et si ici l'on dit que d'adieux il n'y a pas, c'est pourtant l'insouciance de sa jeunesse que la brise emporte avec son écharpe quand elle pose pied à terre.


(images : les parapluies de cherbourg, jacques demy)

⚓ levez les voiles.

PSEUDO/PRÉNOM › mariko(-koquelicot, -koro, -ntente, y'en a tellement )
PRÉSENTATION PERSONNELLE › J'AI PAS D'INSPI POUR DIRE DES BÊTISES LE MONDE VA MAL.
    (emoji lubrique)
AVATAR › imogen poots
MOT DE LA FIN › https://www.youtube.com/watch?v=THqAbaTQAxk
on la refait au propre )

_________________

— que tout allait changer.


Dernière édition par Martha Ogdell le Mer 25 Avr - 21:00, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Messages : 42
Date d'inscription : 24/04/2018
Pseudo : noctis caelum. /élisa.
Crédits : amanda seyfried, havana.
Âge : trente-cinq ans aux lèvres peintes d'un rouge amertume.
Adresse :
Occupation :


MessageSujet: Re: poetry and prose and martha.   Mer 25 Avr - 13:08

la.
petite dernière.
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Messages : 54
Date d'inscription : 25/04/2018
Pseudo : marikoko
Multicomptes : daphne h.
Crédits : outlines (avatar)
Âge : 25 ans.
Adresse : chez les parents, white road farm, maypole.
Occupation : enseignante à l'école primaire, tout juste diplômée.
Réputation : la petite dernière des Ogdell, celle qui est partie, celle qui revient.


MessageSujet: Re: poetry and prose and martha.   Mer 25 Avr - 14:06

faut qu'on finisse notre briefing sur la famille ogdell

_________________

— que tout allait changer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

Messages : 42
Date d'inscription : 24/04/2018
Pseudo : noctis caelum. /élisa.
Crédits : amanda seyfried, havana.
Âge : trente-cinq ans aux lèvres peintes d'un rouge amertume.
Adresse :
Occupation :


MessageSujet: Re: poetry and prose and martha.   Mer 25 Avr - 14:37

o u a i s
t k t

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: poetry and prose and martha.   

Revenir en haut Aller en bas
 

poetry and prose and martha.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
la jetée :: HISSE LES VOILES :: Terre en vue :: Présentations terminées-